Les actionnaires de CNP Assurances dans le brouillard

Lorsqu’une entreprise qui s’appelait autrefois Caisse Nationale de Prévoyance se fait absorber, on ne peut s’empêcher de dire que côté prévoyance, c’est plutôt un peu raté.

Mais après tout, le choix d’être un acteur spécialisé dans l’assurance sans réseau commercial propre et se limitant à offrir ses services à des réseaux bancaires était un choix audacieux qui nécessitait une force de conviction exceptionnelle vis-à-vis des réseaux  bancaires ou un pouvoir de coercition exercé par l’actionnaire commun.

Les lois « prudentielles » émises ces dernières années ont imposé aux assureurs de placer l’essentiel des fonds des assurés dans des obligations d’état, ceux-ci étant supposés ne jamais faire faillite, comme chacun sait.

La Caisse des Dépôts ayant du se défaire de ses activités du domaine concurentiel, les bijoux de famille qu’étaient La Poste, les Caisses d’Epargne et la CNP ont été dispersés et comme dans les bonnes familles ont entamé des luttes de rivalité. Dans ces luttes, CNP Assurances ne pouvait survivre que dans un esprit de coopération des deux réseaux bancaires … Les jeux semblent faits, Les Caisses d’Epargne se veulent indépendantes et c’est le seul gros client de CNP Assurances à savoir La Poste qui récupère l’assureur.

Et les actionnaires là dedans? Relevons que dès le départ, l’actionnariat indépendant était minoritaire, l’état, la Caisse des dépôts, la Poste et les Caisses d’Epargne ayant les moyens de piloter l’entreprise sans se soucier des actionnaires minoritaires.

Pour le reste, tant que la politique de l’actionnaire consiste à faire remonter un gros bénéfice vers la maison mère, il n’y a pas de raison pour que le rendement de l’assureur diminue. Quand à espérer l’entrée d’autres partenaires au capital et la mise sur le marché d’une part significative du capital, il y a peu d’espoir que cela se fasse sauf si le nouvel actionnaire majoritaire, à savoir la Poste avait la volonté de se recentrer sur le métier bancaire et voulait récupérer du capital en cédant une partie de ses actions à un nouvel actionnariat.

Pour ce qui est des actionnaires salariés, on ne peut que constater leur faible mobilisation sur le sujet, la position de salarié étant difficilement compatible avec l’adhésion à une démarche critique du gouvernement de l’entreprise.

Il existe maintenant le risque d’une gouvernance par un unique actionnaire qui pourrait être tenté de faire remonter des bénéfices à la maison mère par d’autre moyens que par la rémunération des actions. Ces techniques, bien connues des multinationales consistent à facturer à la filiale les « expertises » ou les moyens fournis par la maison mère, ou bien à obliger la filiale à travailler à des prix trop faibles pour pouvoir dégager des bénéfices.

L’autre risque majeur à savoir le risque d’une crise systémique provoquée par une remontée brutale de l’inflation qui inciterait les assurés à retirer très vite leur capitaux persiste ainsi d’ailleurs que la possibilité pour l’état d’inaugurer une politique de « contributions exceptionnelles » pour éponger ses dettes. Après tout, le Roi de France brûlait bien ses créanciers, Templiers, Juifs ou gros marchands pour « éteindre » ses dettes.

Mais demain est un jour nouveau et peut-être que sous la houlette de dirigeants dynamiques, CNP Assurances entamera une nouvelle vie vers plus de notoriété, plus de croissance et la capacité à apporter à tous ses assurés non seulement un havre pour leur épargne mais un appui réel tout au long des aléas de la vie.

H.L.

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